Pourquoi faire un prototype avant de développer un logiciel ?

Tout le monde a relu le cahier des charges et tout le monde est d'accord. Puis le logiciel arrive, et quelqu'un dit : « ce n'est pas ce que j'avais imaginé. » Cet article explique d'où vient cet écart, et comment le voir avant qu'il ne coûte cher.

10 min de lecture

Un cahier des charges ne se teste pas.

Un projet de logiciel commence presque toujours par des mots. On décrit ce que l'outil doit faire, on le relit, on le valide. Le problème, c'est qu'une phrase claire pour celui qui l'écrit ne l'est pas forcément pour celui qui la lit.

La direction pense au contrôle, l'équipe pense à son quotidien, le développeur pense à ce qui est écrit. Chacun lit la même phrase avec sa propre image en tête, et personne ne s'en rend compte, puisque la phrase ne change pas.

Ce qui est écritCe que lit la directionCe que lit l'équipeLa question qui manquait
« Le responsable valide les commandes. »Une validation pour chaque commande.Une validation seulement au-dessus d'un certain montant.Qui valide quand le responsable est absent ?
« Le client reçoit un récapitulatif. »Un PDF envoyé par e-mail.Un lien vers son dossier, toujours à jour.À quel moment, et avec quoi dedans ?
« On peut exporter les données. »Un export pour la comptabilité.Un tableau pour la séance du lundi.Quel format, et pour qui ?

Il y a une deuxième difficulté, plus profonde : beaucoup de besoins ne se découvrent qu'en voyant l'outil. Personne ne pense à écrire qu'il faut traiter les avoirs, jusqu'au moment où quelqu'un cherche où les mettre. Ces oublis ne viennent pas d'un manque de sérieux. Ils viennent du fait qu'on décrit son travail de mémoire, et que la mémoire garde les cas habituels, pas les exceptions.

Maquette, prototype, POC : de quoi parle-t-on ?

Ces mots sont souvent utilisés l'un pour l'autre. Ils désignent pourtant des étapes différentes, qui répondent chacune à une question précise.

Un prototype de logiciel est une version manipulable d'un outil qui n'existe pas encore : les écrans, la navigation et de vraies données sont là, le moteur qui tournera derrière ne l'est pas encore. Il s'ouvre dans un navigateur ou sur un téléphone, et il s'utilise. C'est ce qui le distingue d'une maquette, qui reste une image.

Maquette

Des écrans dessinés, figés. On voit à quoi ressemblera l'outil, mais on ne peut rien y faire.

À quoi ressemblera l'outil ?

Prototype

Une application cliquable, avec vos vraies données. On navigue, on remplit, on exporte. Rien de définitif ne tourne derrière.

Est-ce que l'outil correspond à notre façon de travailler ?

POC

Une preuve de concept : on construit seulement la partie techniquement incertaine, et on la met à l'épreuve. Par exemple, une IA qui doit lire des documents très différents les uns des autres.

Est-ce que ça marche vraiment sur nos dossiers ?

Première version

Le logiciel réel, réduit à l'essentiel, utilisé au quotidien par une partie des équipes. On l'appelle aussi MVP.

Est-ce que l'outil tient dans la vraie vie ?

Un prototype et un POC peuvent se combiner : un parcours cliquable pour l'usage, avec la partie risquée réellement construite pour la technique. Ce qui compte, c'est de savoir lequel des deux doutes on cherche à lever.

Ce qu'un prototype révèle, et qu'un document cache.

Devant un écran qui contient ses propres dossiers, un collaborateur réagit en quelques minutes. Il ne commente plus un texte, il essaie de faire son travail, et il bute là où l'outil ne suit pas. Voici le genre de retours qu'on entend pendant un test.

  1. 1
    Un cas oubliéEt les avoirs ? On les met où ?

    Personne ne les avait cités, parce qu'ils sont rares. Mais il en arrive chaque mois.

  2. 2
    Une règle mal compriseLe rabais dépend du fournisseur, pas de la facture.

    La règle existait dans la tête de la comptable, pas dans le cahier des charges.

  3. 3
    Un écran en tropCes indicateurs, on ne les regardera jamais.

    Mieux vaut le savoir avant de les construire pour de bon.

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    Une limite techniqueLes factures scannées de travers sont mal lues.

    C'est précisément ce qu'un POC sert à mesurer, sur vos propres documents.

Touchez les points numérotés sur l'écran pour voir à quoi chaque retour correspond.

Aucun de ces retours n'est spectaculaire. C'est justement ce qui les rend précieux : ce sont des détails du quotidien, invisibles sur le papier, qui décident si un outil sera adopté ou contourné. Un prototype les fait remonter pendant qu'il est encore simple d'en tenir compte.

Plus une erreur est découverte tard, plus elle coûte.

Une erreur de compréhension finit toujours par apparaître. La seule question est de savoir quand. Selon le moment, la même découverte ne demande pas du tout le même travail pour être corrigée.

Illustration : l'ordre de grandeur de ce qu'il faut reprendre, pas une mesure.

Pendant un prototype, rien n'est encore construit pour durer : changer un écran ou une règle ne casse rien. Pendant le développement, chaque changement touche du code déjà écrit, déjà testé, parfois déjà relié au reste. Après la livraison, c'est souvent pire : personne ne demande de correction, les équipes ouvrent un tableur à côté, et l'outil perd peu à peu son intérêt.

C'est pour cela que nous disons qu'un prototype vaut aussi quand il échoue. Il coûte quelques jours, là où la même découverte faite en cours de développement coûterait plusieurs mois.

Le bon moment pour un prototype : après l'audit, avant le développement.

Un prototype construit trop tôt teste une idée floue. Avant de prototyper, il faut savoir quel problème on cherche à résoudre, et pour qui. C'est le rôle de l'audit de processus : observer comment le travail se fait vraiment, et désigner le cas d'usage qui compte le plus.

  1. AuditOn identifie le problème prioritaire.
  2. PrototypeOn teste la solution sur vos cas réels.
  3. DécisionDévelopper, refaire un tour ou arrêter.
  4. DéveloppementLivré par étapes, testables.
  5. MaintenanceL'outil suit l'entreprise.

Nous conseillons aussi de garder le prototype petit. Un seul cas d'usage, traité de bout en bout, en apprend plus que dix fonctionnalités esquissées. Le but n'est pas de montrer tout le futur logiciel, mais de lever le doute qui bloque la décision.

Vous ne savez pas encore par où commencer ? Notre article Comment savoir quels processus automatiser dans une PME ? aide à choisir le premier cas d'usage.

Comment préparer un prototype utile.

Un prototype vaut ce que valent les éléments sur lesquels il est construit. Avec des exemples inventés, il convainc tout le monde et ne prouve rien. Avec vos vraies pièces, il dit la vérité.

Ce qu'il faut apporter Avant

  1. Quelques documents réels, ceux que vous produisez ou recevez vraiment : devis, factures, procès-verbaux, bons de livraison.
  2. Les cas qui posent problème, pas seulement les cas simples. Ce sont eux qui font échouer un outil.
  3. Les règles qu'on applique de tête : arrondis, rabais, exceptions, « on fait toujours comme ça ».

Ce qu'il faut décider Avant

  1. Le doute à lever : l'usage, la technique, ou les deux.
  2. Qui teste : les personnes qui feront le travail au quotidien, pas seulement celles qui le pilotent.
  3. Qui tranche ensuite, et sur quels critères. Un prototype sans décision derrière ne sert à rien.

Vos documents sont souvent confidentiels. C'est une raison de poser les règles avant le moindre envoi : accord de confidentialité, lieu d'hébergement, et ce qu'il advient des pièces une fois le test terminé.

Après le prototype : trois issues possibles.

Un prototype se termine par une décision. Elle se prend sur ce que tout le monde a vu fonctionner, et non plus sur une hypothèse.

On développe

Le prototype a convaincu.

Ce qu'il a appris devient la base de la spécification. Le développement part de règles validées et d'écrans testés.

On refait un tour

L'idée tient, pas encore la forme.

Les retours sont intégrés, et le prototype est remis à l'épreuve sur les points qui ont coincé.

On s'arrête

Le projet ne vaut pas la peine.

C'est un bon résultat : vous l'apprenez pour le coût d'un prototype, pas pour celui d'un projet.

Quand le développement est lancé, il se fait par étapes courtes, chacune testable par vos équipes. Le prototype n'y disparaît pas : il sert de référence commune tout au long du projet. Pour savoir ce que représente ensuite le budget d'un logiciel, lisez Combien coûte un logiciel sur-mesure pour une PME en Suisse ?

Le prototype chez Futurdigital.

On ne vous demande pas d'acheter un logiciel sur description. On vous le fait essayer.

Chez Futurdigital, le prototype est la deuxième étape de notre approche, juste après l'audit. Il n'est pas systématique : c'est à l'issue de l'audit que nous vous disons s'il est utile dans votre cas.

  • Cinq jours pour construire le prototype, sur le cas d'usage identifié pendant l'audit.
  • Vos documents réels : trois à quatre pièces suffisent, choisies selon le cas d'usage.
  • Un accord de confidentialité est signé avant tout envoi de documents.
  • Hébergé en Suisse chez Infomaniak, accessible par un lien privé, jamais public.
  • Le montant dépend du périmètre et vous est annoncé avant tout engagement. Il est déduit à 100 % du projet si celui-ci est signé dans les 60 jours.

Le déroulé complet est sur notre page Le prototype. Si vous hésitez encore sur le type de logiciel, lisez Logiciel sur-mesure ou logiciel standard : comment choisir ?

Vous voulez voir avant de décider ?

Futurdigital développe des logiciels sur-mesure pour les PME de Suisse romande, hébergés en Suisse. Décrivez-nous votre projet : nous vous disons si un prototype est utile, et ce qu'il devrait prouver.

30 minutes, sans engagement.

Questions fréquentes.

Quelle est la différence entre une maquette et un prototype ?

Une maquette montre des écrans dessinés, figés. Un prototype se manipule : on y navigue, on remplit des champs, on travaille avec de vraies données. La maquette montre à quoi ressemblera l'outil, le prototype montre s'il convient.

Qu'est-ce qu'un POC en développement logiciel ?

Un POC, ou preuve de concept, construit seulement la partie techniquement incertaine d'un logiciel pour vérifier qu'elle fonctionne. Par exemple, une IA qui doit lire des documents très différents, testée sur les vrais documents de l'entreprise.

Combien de temps faut-il pour faire un prototype de logiciel ?

Chez Futurdigital, cinq jours. Le périmètre est volontairement limité au cas d'usage prioritaire, traité de bout en bout, plutôt qu'à un aperçu de tout le futur logiciel.

Faut-il toujours faire un prototype avant de développer ?

Non. Quand le besoin est clair et qu'il n'y a de doute ni sur l'usage ni sur la technique, on peut passer directement à la spécification et au développement. Le prototype sert à lever un doute, pas à rallonger le projet.

Le prototype est-il payant ?

Chez Futurdigital, oui. Son montant dépend du périmètre et il est annoncé avant tout engagement. Il est déduit à 100 % du projet de développement si celui-ci est signé dans les 60 jours.