Un courtier qui voulait son propre produit.
FILEA SA est une société de courtage et de conseil immobilier active en Suisse romande. Le projet ne consistait pas à outiller son activité existante, mais à concevoir et développer une plateforme dont FILEA est propriétaire : un produit opéré par ses équipes et commercialisé auprès des courtiers.
La commande portait donc autant sur le logiciel que sur le modèle économique qu'il devait rendre opérable. La mécanique de valeur devait être implémentée et paramétrable par FILEA, sans dépendre de nous pour chaque ajustement.
Le courtage immobilier fonctionne à l'envers.
Sur un portail classique, un courtier publie un bien et attend. Il reçoit des dizaines de demandes dont il ignore tout : capacité de financement inconnue, projet flou, calendrier imprécis. Il découvre au troisième rendez-vous que l'acheteur n'obtiendra jamais son crédit.
Côté acquéreur, la symétrie est aussi mauvaise. Il subit des annonces génériques, répète son projet à chaque courtier, et personne ne l'accompagne entre le moment où il commence à y penser et celui où il est réellement finançable.
Le constat qui a fondé le projet tient en une phrase : un acquéreur qualifié, projet précis, financement vérifié, calendrier connu, vaut structurellement plus cher qu'une annonce. Mais personne ne le traitait comme un actif. Il n'était ni gradué, ni entretenu, ni monétisable.
On n'indexe plus les biens, on indexe les acheteurs.
Trova fait du portefeuille d'acquéreurs qualifiés le stock de la plateforme, et des courtiers les clients payants. L'acquéreur exprime son projet une fois, gagne un niveau de qualification, et devient visible des courtiers dont l'abonnement le permet.
Le trio qui rend le modèle défendable
Le badge est le moteur économique : il transforme un lead en actif gradué. Quatre niveaux, Inscrit, Visible, Certifié, Accompagné, dérivés de l'état réel du compte : complétude du projet, pièces de financement déposées et vérifiées, prise en charge par un conseiller. Il n'est jamais saisi à la main. L'acquéreur voit en permanence son niveau, ce qui lui manque et ce que ça lui apporte, c'est ce qui produit la complétion des dossiers sans relance humaine.
Le matching est la turbine : il convertit le portefeuille en rencontres pertinentes. Un score est calculé pour chaque paire projet ↔ bien sur 8 sous-critères pondérés et 3 seuils déterminent l'accès. Et le score est expliqué côté courtier, décomposé par sous-critère avec les poids réels, points faibles mis en évidence.
Le nurturing est le volant d'inertie : il maintient le portefeuille vivant. Un acheteur à douze mois n'est pas un lead mort, c'est un lead à entretenir.
Le parcours de l'acquéreur
Le funnel de qualification compte dix étapes et deux parcours distincts, acquéreur et investisseur, avec des écrans et une logique propres. Il capte l'usage visé, le type de bien, plusieurs zones de recherche, le budget, la surface, le délai et la structure de financement, deuxième pilier, 3A, 3B, avoirs bancaires. L'autocomplétion géographique fonctionne ville ↔ NPA sur référentiel suisse, et un calculateur de capacité d'achat intègre les barèmes cantonaux romands avec une jauge de tenue de charges.
L'acquéreur peut marquer un critère comme impératif : un bien qui ne le respecte pas ne lui sera jamais proposé, quel que soit son score par ailleurs.
Son espace personnel réunit plusieurs vues, projet, dossier de financement, demandes des courtiers, etc. Le dossier de financement se présente en checklist, statut pièce par pièce, avec dépôt déclaratif puis vérification par FILEA. Une action prioritaire, dérivée de l'état réel du compte, lui indique toujours quoi faire ensuite.
La mise en relation, dans les deux sens
Le courtier demande le contact ; l'acquéreur accepte ou décline, avec motif. Les coordonnées ne sont transmises qu'après acceptation, jamais dans les listes, jamais avant l'accord. C'est à la fois une exigence nLPD et un argument de confiance côté acquéreur. En cas d'acceptation, les coordonnées du courtier sont également transmises, la relation démarre des deux côtés.

L'espace courtier, un vrai outil commercial
Le courtier y dépose ses biens avec leurs critères, et retrouve des filtres, un tri et des agrégats de performance par bien. Son pipeline compte 10 étapes, avec une prochaine action suggérée et un journal d'événements horodaté. Le tableau de bord est orienté action. S'y ajoutent des annotations privées par acquéreur et une action groupée pour contacter les meilleurs profils.
La déclaration de vente, accompagnée d'un justificatif, alimente directement le commissionnement.
La nLPD pensée en amont, pas ajoutée après.
La plateforme est construite pour la loi suisse, pas pour le RGPD : consentement marketing distinct du transactionnel, désinscription en un clic, et minimisation des données exposées aux courtiers. L'exposition des coordonnées est strictement conditionnée à l'acceptation de l'acquéreur, et contrôlée côté serveur, jamais seulement côté interface.
L'authentification est sans mot de passe, par lien à usage unique puis jeton : aucun mot de passe n'est stocké. S'y ajoutent une limitation de débit sur l'authentification, des en-têtes de sécurité en production et une documentation d'API fermée hors développement.
Un modèle économique traduit en code.
Badge, matching, commissionnement : la mécanique de valeur du client n'est pas décrite dans une documentation, elle est implémentée, testée et paramétrable par ses équipes. C'est ce qui sépare une plateforme d'une interface.
Le cœur métier, badges, matching, cycle de vie, capacité d'achat, commissionnement, est isolé sous forme de logique pure, sans accès à la base de données. Il est auditable ligne à ligne et vérifié par les exemples chiffrés fournis par le client. C'est ce qui rend un modèle économique discutable avec un dirigeant.
Le paramétrage appartient au client, tous est éditables en back-office. Aucune valeur métier n'est figée dans le code. Et la conformité a été pensée en amont, minimisation des données, consentement séparé, exposition conditionnelle des coordonnées, plutôt qu'ajoutée en fin de projet.
La suite est déjà cadrée : auto-inscription des courtiers et paiement en ligne, rôle conseiller financier, ouverture de l'écosystème aux notaires, artisans et assureurs, liens de parrainage tracés, classements et exports financiers avancés.